Le 11/04/2006 à 00:26:58, modifié le 10/04/2006 à 12:35:59.

No Bra est un manga en cinq tomes qui proposent plusieurs sens de lecture qui feront que vous apprécierez ou non l'histoire en fonction de celui que vous choisirez. Car No Bra, à la base, est un manga pour garçons. Si le premier tome reste relativement sage à ce sujet, les choses se gâtent par la suite. Kenjiro Kawatsu est un mangaka venu du domaine du hentai, et cela se sent dans sa façon de dessiner les filles, les situations dans lesquelles il place ses personnages, et on pourrait avoir affaire à un simple manga ecchi si l'histoire n'était pas centrée autour d'un travesti.
Le manga parle finalement vaguement d'homosexualité, même si Yuki affiche dès le début ses sentiments pour Masato, et c'est plus les problèmes de ce dernier qui sont mis en avant le long de l'histoire. Car l'histoire ne se limite pas à ces deux personnages, et on retrouvera une petite clique de personnages plus ou moins importants. Le premier de ces personnages est Ozora : Ozora est une jeune fille grande, intelligente et très belle. Elle est amoureuse de Masato et ce n'est qu'avec l'arrivée de Yuki qu'elle osera lui avouer ses sentiments. Dès le début, on peut pressentir la situation arriver même si notre héros ne comprend rien à ce qui l'entoure. Entouré par Ozora, la belle jeune fille, et Yuki le garçon à la féminité très développée (euphémisme), Masato se retrouve au centre d'un trio amoureux plus qu'improbable. A côté de ça, rajoutons Hidepon, l'ami de Masato dont la taille éléphantesque et le caractère soupe au lait sont au coeur de quelques bons moments très rigolos, Mizutani, sa prof sans le sous qui vient s'installer chez Masato pour surveiller les deux héros et Mizuki, cousine très entreprenante de Yuki qui use et abuse de ses charmes pour obtenir ce qu'elle veut de Masato.
Si Masato porte la casquette de héros, il n'a absolument rien d'héroïque dans ses actions. Il serait même le personnage au caractère le plus catastrophique même si on suit une évolution dans ses pensées et ses actions au fil des chapîtres. Un des gros défauts au manga est inhérent aux origines du mangaka qui a parfois tendance à en faire trop dans certaines scènes ce qui pourra en choquer certains (les volumes n'échappent pas à un petit logo « pour public averti » fort à propos) et le titre n'en aurait rien perdu à ce que ces scènes soit épurées, néanmoins, elles servent au scénario en montrant la faiblesse du personnage principal plus doué pour penser avec son entrejambe qu'avec son cerveau, chaque fille réussissant à faire de lui ce qu'elle désire en usant de ses charmes, le manga ne peut être considéré comme machiste sur ce point. Masato, ballotté d'une fille à l'autre, en serait presque attendrissant si au final, il ne se retrouvait pas à jouer un double jeu entre Ozora la journée et Yuki la nuit.
D'autres éléments viennent se greffer au scénario principal pour donner un peu de background à l'histoire sentimental qui unit les trois personnages, chacun a son histoire, un caractère qui lui est propre et le manga qui ne s'étire que sur cinq tomes, arrive à répondre à toutes les questions, résoudre tous les problèmes, dans le temps qui lui est imparti. Bien sûr, l'auteur aurait pu développer plus certains personnages, certains passages, mais le contrat de départ est bouclé.
Il sera donc nécessaire de savoir passer outre les scènes coquines parfois exagérées du manga pour l'apprécier, mais il n'en reste pas moins que l'histoire est plaisante, l'humour agréable et on finit le manga sans regret, sans avoir l'impression de ne pas en avoir eu pour son argent. Il ne faut pas non plus chercher le manga ultime dans cette histoire, ça reste une comédie sympathique traitant de l'homosexualité de manière légère (les amateurs de Shonen-Ai peuvent passer leur chemin, ils risquent de ne pas trouver dans ce manga ce qu'ils attendent de ce genre d'histoire), de quoi passer un bon moment.


