Le 02/03/2007 à 02:20:44.

Sara Werec vient d'une famille militaire respectée et lorsque son frère Ralph part au combat d'une guerre interstellaire, elle lui fait la promesse de suivre ses traces et de le rejoindre un jour.
Cependant, lorsqu'elle croise à nouveau son frère, celui-ci les a trahi, et dirige une attaque sur leur base d'entraînement. Battue et tombée en disgrâce, Sara perd son statut dans son unité d'élite et doit recommencer à zéro en tant que pilote comme les autres afin de gravir à nouveau la pente et pouvoir affronter son frère.
Traduit à la va-vite de l'anglais depuis ANN

Petites informations techniques : la série est dirigée par Tetsuya WATANABE, qui a participé à un paquet de séries, souvent en tant que producteur (Final Fantasy Unlimited, Honey no Clover II, Kaze no Yojimbo...). Le scénario est signé Masanao AKABOSHI qui a travaillé sur The Big O ou encore Zone of the Enders. Il est intéressant de noter que le scénario se base sur "A Little Princess" de Frances Hogson Burnett, déjà adapté une première fois dans les années 80 dans un anime que nous connaissons sous le nom de "Princesse Sarah", mais j'y reviendrai un peu plus bas. La musique est signée Ryo SAKAI (Kino no Tabi, Maburaho, Soul Hunter...). Enfin, le design est signé Mariko FUJITA que l'on retrouve à ce poste sur les différentes séries de Galaxy Angel, mais qui a également travaillé en tant qu'animateur-clé sur le premier film de Card Captor Sakura, la seconde OAV de Saikano ou le second épisode d'Ichigo Mashimaro.
Or donc, comme je le disais juste au-dessus, cette série s'inspire du roman "A Little Princess" de Frances Hogson Burnett. "Inspiration" est le nom, puisqu'ici, finie l'Angleterre Victorienne, nous voici plongés 5000 ans dans le futur. Si la plupart des noms des personnages originaux sont conservés, l'histoire de base n'a donc plus qu'un lointain rapport. Si le roman original nous parlait d'une jeune fille luttant contre l'adversité, menant une vie de misère après la perte de son rang, devant faire face aux railleries de ses compagnons, Soukou no Strain garde cet aspect des difficultés de la vie sociale, non pas tant par une perte de statut de l'héroïne (bien qu'un peu tout de même), mais plus par une exclusion choisie, en ne se fixant que sur un seul but. L'héroïne devient par la même occasion, et bien que je n'aime pas le terme, une Tsundere, qui se coupe du reste de ses compagnons, refusant leur aide quand ils leur tendent la main (et mérite pas moment de sacrés paires de baffes) avant de s'ouvrir petit à petit aux autres.
L'anime n'a pas que des fans. Pour ma part, je lui reconnais un certain nombre de qualités même si, en bon Normand que je suis, elle n'en est pas moins pourvue de défauts.
Au rayon de ce qui est bon à garder, le scénario possède des aspects positifs, il va notamment au bout des choses, nous parle de guerre et en montre les conséquences. Et si, finalement, l'anime parle de guerre entre deux camps, se limitant à dépeindre une bataille entre deux vaisseaux ennemis et semblant brider au final le conflit, le scénario n'a pas peur de martyriser ses personnages, et d'éliminer, les uns après les autres, les compagnons de l'héroïne. Celle-ci voit donc, dès le premier épisode, ses meilleurs amis périr sous la main d'un assaillant inconnu qu'elle découvrira être son frère. C'est sûr qu'après ça, on peut comprendre son envie de se refermer sur elle-même. Les quelques épisodes qui suivent s'approchent d'ailleurs énormément du modèle "Princesse Sarah" avec notre héroïne qui se fait insulter par ses camarades de chambre, avec les remarques qui fusent dans le dos et tout le toutim, mais finalement, les choses se "calment" et l'histoire prend une tournure plus orientée science-fiction ou la trame générale prend petit à petit le pas sur le développement des personnages. La série ne s'étend que sur 13 épisodes, alors, nécessairement, tous les détails de l'histoire ne sont pas aussi développés qu'ils pourraient l'être. Finalement, on ne connaît qu'assez peu de choses sur le conflit qui opposent les deux camps et les explications se limiteront aux personnages au coeur de l'intrigue.
L'histoire devient plus "classique" sur la fin, pas mauvaise en soit, mais pas non plus exceptionnellement novatrice. Dans l'absolu, le scénario est donc dans la juste moyenne. Pas de quoi s'extasier, mais rien non plus qui donne envie de se tirer une balle dans la tête.
J'avoue quand même avoir bien aimé l'importance donnée à Emily qui, de mémoire, était la poupée préférée de Sara dans le vieux dessin animé, en quelque sorte, sa meilleure amie et sa confidente, qui garde de ce rôle sécurisant et protecteur dans cette nouvelle version, mais si tout un développement scénaristique a été rajouté derrière tout ça.
Pour les autres aspects de l'anime, celui-ci s'en sort généralement avec la moyenne. D'un point de vue purement technique, les dessins se laissent regarder, sans pour autant être au top. C'est un peu le défaut de tout l'anime, ça n'est pas loupé, mais ça n'en jette pas non plus. Alors, si les personnages ne sont pas affreux, ils ne donnent pas envie de sauter au plafond. Si les méchas principaux, surtout ceux de Sara et son frère ont un design plus que convaincant (bien que celui de Sara aurait été beaucoup plus beau dans une autre couleur que rose bonbon), les autres engins sont bien moins impressionnants. Et si les scènes de combats sont bien animes, pètent dans tous les sens, le reste des scènes sont généralement très calmes, avec des décors souvent minimalistes.
Un seul point sur lequel je ne trouve pas grand chose à redire, c'est la musique. Il y a bien 2-3 BGM sans trop d'intérêt, mais les musiques des combats en particulier sont soutenues et aident à s'imprégner de l'ambiance de l'anime.
Finalement, plutôt que de répéter inlassablement le même discours, et alors qu'on pourrait détailler d'autres éléments de l'anime, mais que la même analyse risque de revenir encore et encore, je préfère conclure ce texte sur cette série. Soukou no Strain n'est pas un mauvais anime. Avec 13 épisodes, il permet au scénario de ne pas trop se perdre en développements inutiles, mais à l'inverse, la série ne détaille pas tous les aspects de l'histoire suffisamment. Au final, on reste concentrée sur l'héroïne et pendant ce temps, les autres personnages sont très peu détaillés. Ca n'est pas toujours un mal, car certains d'entre eux font plutôt dans l'inutilité quand ils ne ont tout simplement pas rien à faire là. Le mécano ou l'infirmière sont des exemples de personnages pseudo-mignons qui plantent le scénario plutôt qu'autre chose. Finalement, la série sait garder un bon rythme du début à la fin, avec quelques passages qui sont vraiment fascinants. Les scénaristes s'amusent à jouer avec nous, et c'est le genre de série où il ne faut surtout pas s'habituer aux personnages car rien n'indique qu'ils finiront l'épisode en vie.
La série est donc loin d'être mauvaise, même si un certain nombre de points (le design, le stéréotypes) l'empêchent de se hisser au-dessus de la barre des "séries matables sans déplaisir même s'il y a mieux ailleurs", et c'est bien dommage.

(mais :( en même temps)

