Le 03/07/2006 à 14:00:30.

Il y a 10 ans, dans la ville de Fuyuki, un terrible incendie fit des centaines de victimes. Parmi le faible nombre de rescapés se trouvait Shirou, qui fut recueillit par un magicien, qui lui enseigna les bases de son art.
Dix ans plus tard, Emiya Shirou se trouve plongé au coeur d'un conflit où sept Master, aidés de leur Servant, s'opposent pour l'obtention du Graal Sacré qui leur permettra d'exaucer leur voeu. Shirou fait partie des 7 magiciens élus et il invoque alors Saber, une jeune fille blonde qui possède des capacités incroyables à l'épée.

Voici un résumé rapide qui ne reprend que le premier épisode de la série. Pour le reste, je vous laisse le plaisir de regarder.
Fate/Stay Night (FSN), pour la petite information, est une série de 26 épisodes tirée d'un jeu vidéo du studio Type-Moon à qui on devait déjà Shingetsutan Tsukihime. A l'instar de son prédécesseur, FSN est donc à la base un jeu hentai sur fond de guerre mystique entre 7 magiciens qui s'affrontent avec l'aide de leurs servants. Bien évidemment, la série gomme tous les passages pour adultes et se limite alors au côté mystique du jeu original.
Par ailleurs, le jeu original proposait trois scénarios alternatifs : Fate, Unlimited Blade Work et Heavens Feel. Si chacun débute de la même manière, chaque scénario dévie à partir d'un moment particulier. Si la série animée est basée en grande partie sur Fate, elle reprend sur certains points des éléments des autres scénarios. L'un des défauts de la série est que généralement, les éléments issus des scénarios parallèles ne sont qu'à moitié expliqués. Il est donc nécessaire de connaître l'histoire originale afin d'en profiter au maximum.
D'un autre côté, ne pas avoir une connaissance poussée du monde originale n'empêche pas pour autant d'apprécier l'anime. Comme il est indiqué plus haut, le héros de cette série est Emiya Shirou, un jeune lycéen qui invoquera sans trop savoir comment Saber, sa servante, une très forte épéiste. Projeté au coeur d'un conflit dont il ignore les règles, il fera assez vite équipe avec Rin, une jeune magicienne et son servant Archer, un combattant aussi agile à l'arme blanche qu'avec des projectiles. Le scénario se divise alors en quelques grandes parties avec généralement l'apparition d'un nouveau maître et de son servant dont nos héros devront se défaire.
On assiste donc à une lutte à mort où le caractère mystique est fortement prononcé, et mis en musique par Kawai Kenji, un compositeur fameux à qui ont doit les bandes sons de divers films de Mamoru Oshii comme Avalon ou les Ghost in the Shell. Il signe ici une bande son d'un bon niveau, car même si on n'échappe pas à quelques thèmes passe-partout et sans grand intérêt pour les morceaux censés ponctuer la vie de tous les jours, dès qu'il s'agit d'installer une ambiance inquiétante ou lors des combats les plus héroïques, ses partitions mettent de suite le spectateur dans l'ambiance.
Le défaut principal de la série réside dans son rythme. Si les épisodes s'enchaînent sans trop de difficulté, les scènes de discussion ont parfois tendance à trop durer, et à trop se multiplier alors qu'on attendrait un peu plus d'action. D'ailleurs, les épisodes sont généralement tous calqués sur le même modèle, à savoir une première moitié qui va soit introduire un nouvel ennemi, ou les personnages qui parlent entre eux du prochain mage à affronter, et la seconde moitié qui est plus orientée action. Si un combat ne se finit par dans un épisode, généralement, ce schéma est inversé et l'épisode suivant est composé à moitié d'un combat, et à moitié de bla bla.
Bien que relativement nombreuses, les scènes de combat sont parfois un peu trop rapides et à peine a-t-on le temps de rentrer dans le feu de l'action que celle-ci sont déjà finies. De plus, dû à ses erreurs de rythme, Yuji Yamagushi, responsable de la série, a parfois tendance à insérer trop d'éléments et ceux-ci n'ont pas toujours un rôle très importants, ou alors, les actions des personnages ne semblent pas avoir de conséquences particulières. Ainsi, un personnage blessé va revenir sans trop d'égratignures à l'épisode suivant sans qu'on sache trop pourquoi. Il est parfois nécessaire de connaître le jeu pour avoir les réponses à certaines questions, mais le jeu original n'étant disponible qu'au Japon, autant dire que le spectateur européen manque un nombre important de détails.
Malgré ces défauts, il ne faudrait pas bouder notre plaisir, et FSN est un des gros succès de l'année 2006 au Japon. Voyons l'anime d'un point de vue un peu plus technique. Concernant le design, celui-ci est relativement déconcertant de prime abord, en particulier le héros. Le jeu original, comme il a déjà été dit, est destiné aux adultes, le héros possède un design relativement passe-partout afin que le joueur ait la possibilité de s'identifier au personnage. On a donc au final un héros sans réel charisme, mais malgré cela, on s'y habitue. Les autres personnages quand à eux sont déjà bien mieux réalisés, en particulier les servants qui appartiennent tous à une caste qui leur est propre et un design qui permet de les reconnaître tout de suite. J'avoue avoir une nette préférence pour Saber, mais d'autres personnages comme Archer recueillent aussi les votes du public.
Au sujet de l'animation, la série est assez inégale. Si le niveau ne baisse jamais trop, tous les épisodes ne sont pas égaux sur ce point. D'une manière générale, on constate que les épisodes sont plus soignés au début et à la fin.
En fait, le principal attrait de la série, c'est son ambiance particulière. Chaque servant étant un héros d'autrefois, que l'on découvrira l'un après l'autre, la série joue beaucoup sur ce côté mystique et mythologique, le tout étant grandement aidé par les compositions de Kawai comme j'en parlais plus haut. Si le scénario connaît des hauts et des bas, en particulier à cause de ses problèmes de rythmes, l'histoire n'en reste pas pour le moins détaillée, faisant appel aux différentes légendes des ces grands héros même si on reconnaît par moment quelques invraisemblances. Il est par contre dommage que seuls les personnages de Shirou et Saber soient aussi détaillées, concernant les autres, leur histoire est parfois trop rapidement expliquée.
Au final, il n'en reste pas moins que Fate/Stay Night est une très bonne série. Pas la meilleure série du genre à cause des différents problèmes qui parsèment sa réalisation, mais à plus d'un égard, elle mérite le coup d'oeil. Si les avis sur le net sont plus ou moins tendres, on remarque une certaine propension à critiquer chez les gens qui connaissait l'histoire originale. Pour les autres, voir la série est un réel plaisir.


