Le 05/02/2005 à 04:49:44.

Sur une autre planète, un groupe de musique est enlevé en pleine représentation et emmené sur Terre. Un mystérieux inconnu les a kidnappés pour faire d'eux le plus grand groupe du monde, mais il semble avoir d'autres plans en tête...

Interstella a comme particularité d'être le fruit du travail de deux grands noms, chacun dans leur domaine particulier : Daft Punk et Leiji Matsumoto. A la manière d'un Fantasia moderne, ce film d'animation mélange la musique électronique du groupe français à la technique hors pair, accumulée par des années dans le métier, du papa d'Albator.
La comparaison avec Fantasia est facile, mais il peut être intéressant d'en parler plus en détail, au cas où l'un ne connaîtrait pas ce dessin animé (est-ce possible ?), sorte de relique remise au goût du jour, de l'époque des films muets puisque, réalisé par les studio Disney, il s'agit d'une suite de sketchs animés sans paroles, mais accompagnés par une musique qui se voudra tantôt narrative, tantôt ne servant que d'accompagnement – voilà qui va me donner envie de faire le test de Fantasia, tiens donc... -. Ici, il s'agit aussi de petits sketchs, accompagnés par les différents morceaux de l'album Discovery du groupe Daft Punk, que l'on a pu voir dans un premier temps comme clips à la télévision, puis ensuite réunis pour former une histoire complète au cinéma, l'intérêt étant, notamment, qu'à la télévision ne sont pas passés tous les clips qui composent l'histoire.
Le film varie assez souvent entre le kitch et le classieux, kitch par des couleurs bien criardes, des design assez étranges, mais toujours classe, en tout cas pour qui est amateur de Leiji Matsumoto. Ses détracteurs auront vite fait de dire qu'il dessine toujours de la même manière, mais à cela, les amateurs choisiront de répondre qu'on reconnaît facilement le trait du maître.
On ne peut que saluer le brio avec lequel a été réalisé le film et l'on sent un travail de fond, réalisé depuis le début. Daft Punk le disait en interview, chaque morceau avait été écrit avec une idée de scène en tête et on sent au final une parfaite osmose entre ce que l'on voit et ce que l'on entend.
Interstella reprend au final les grands poncifs du genre, le scénario est, il faut le reconnaître, relativement simple et se divise en trois grandes parties : l'enlèvement, le sauvetage, la conclusion. Les personnages sont classiques dans leur design ou leur attitude, mais, même s'ils ne parlent pas, on peut aisément connaître leur caractère ou leurs sentiments, et par empathie, on finira à s'attacher à eux. Il est amusant de noter que l'équipe technique, ou les Daft Punk eux-mêmes, devaient avoir une préférence pour le personnage féminin. Une femme aux longs cheveux blonds, grande et belle, comme toutes les héroïnes de Matsumoto, elle sera beaucoup plus mise en avant que les autres personnages, même si, par ses faits et ses actions, on ne peut voir en elle le personnage principal du film.
Au final, ce film pourra plaire à un double niveau, pour quiconque est prêt à passer outre la mise en scène spéciale du film, il ravira les yeux des amateurs de Leiji Matsumoto tout comme il enchantera les oreilles des fans de Daft Punk et, qui sait, pourra réunir les deux ? (c'est beau ce que je dis...)


